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Urgence

Toiture et tempête : que faire dans les 24h ?

Publié le Mis à jour le Renov' Habitat 58

Bâchage de mise hors d'eau d'une toiture depuis une nacelle après un coup de vent, dans la Nièvre

En bref

Ne montez pas sur le toit. Dans les 24 heures qui suivent une tempête, l'ordre est le suivant : faire le tour de la maison depuis le sol et jeter un œil dans les combles avec une lampe, photographier tout ce qui est anormal, protéger l'intérieur si l'eau entre, appeler un couvreur pour une mise hors d'eau, et déclarer le sinistre à votre assurance sous 5 jours ouvrés. Une bâche posée dans les 24 à 48 heures évite qu'une dizaine de tuiles envolées ne se transforme en plafond à refaire.

Faut-il monter sur le toit après une tempête ?

Non, et c’est la seule règle sans exception de cet article. Une toiture qui vient de subir un coup de vent est un endroit dangereux même pour un couvreur : des tuiles ont bougé sans tomber et se dérobent sous le pied, les ardoises fendues coupent, la mousse gorgée d’eau glisse, et le vent n’est souvent pas complètement retombé. Les chutes de toit comptent parmi les accidents domestiques les plus graves, et une tempête ne fait qu’ajouter des pièges.

Il n’y a rien à gagner à monter. Ce que vous verriez de là-haut, un couvreur le verra mieux, plus vite, et avec le matériel pour agir. Votre rôle dans les 24 heures est ailleurs : observer, documenter, protéger l’intérieur, prévenir.

Que regarder depuis le sol et depuis les combles ?

Commencez par le tour complet de la maison, à distance des façades. On cherche des tuiles ou des ardoises au sol, des éléments de faîtage tombés, une gouttière qui pend, un morceau de zinc déroulé, une souche de cheminée qui a perdu son chapeau. Levez ensuite les yeux vers chaque pan : un trou sombre dans la couverture, une rangée de tuiles qui n’est plus alignée, un pan de bâche voisin qui s’est envolé jusque chez vous. Une paire de jumelles ou le zoom du téléphone suffisent.

Attention à ce qui pend encore. Une tuile de rive décollée, une plaque de zinc qui bat, une branche posée en travers du toit peuvent tomber à la première rafale : ne restez pas dessous, et écartez enfants, voitures et animaux de la zone.

Puis les combles, avec une lampe, sans marcher entre les solives si le plancher n’est pas fait. On regarde depuis l’échelle ou la trappe. Trois choses à repérer : la lumière du jour qui passe là où elle ne devrait pas, les traces d’eau fraîches sur les chevrons ou l’isolant, et les débris de tuile tombés à l’intérieur. Sur le bâti ancien de notre secteur, il n’y a presque jamais d’écran de sous-toiture : quand une tuile manque, l’eau tombe directement sur l’isolant. C’est ce qui rend la rapidité importante.

Enfin les plafonds et les murs de l’étage, à la recherche d’une auréole qui n’était pas là hier, d’une goutte, d’une cloque de peinture.

Comment limiter les dégâts en attendant le couvreur ?

Si l’eau entre, l’objectif des prochaines heures est de l’empêcher de faire des dégâts irréversibles à l’intérieur.

  • Une bassine sous la goutte, et une serpillière autour. Percez un petit trou au centre d’une cloque de plafond gonflée d’eau, pour la vider dans un seau avant qu’elle ne s’effondre d’un bloc.
  • Éloignez ce qui craint l’eau : meubles, matelas, cartons, appareils. Roulez les tapis.
  • Coupez l’électricité du circuit concerné si l’eau coule près d’un luminaire, d’une prise ou du tableau. Ne touchez à rien qui goutte sur une installation électrique.
  • Dans les combles, une bâche de chantier ou un film plastique posé sur l’isolant sous la fuite, avec un récipient, limite l’imprégnation de la laine. Un isolant mouillé n’isole plus et met des mois à sécher.
  • Ne jetez rien. Les tuiles cassées, les morceaux de zinc, les éléments de faîtage sont des pièces du dossier d’assurance. Rassemblez-les dans un coin, à l’abri.

Ce qu’il ne faut pas faire : poser vous-même une bâche sur la toiture. Une bâche mal lestée devient une voile à la rafale suivante et arrache davantage de tuiles qu’elle n’en protège. Le bâchage se fait depuis une nacelle ou une échelle sécurisée, avec des lattes et des lests, par quelqu’un dont c’est le métier.

Quand et comment appeler le couvreur ?

Le plus tôt possible, dès que le tour de la maison est fait, même si vous n’avez qu’un doute. Après un coup de vent, tout le monde appelle en même temps : plus vous êtes tôt dans la liste, plus vite vous êtes vu. Pour que l’appel soit utile, ayez sous la main l’adresse exacte, ce que vous avez vu depuis le sol, si l’eau entre ou non, et quelques photos que vous pouvez envoyer.

La logique d’intervention est simple. On passe d’abord chez ceux dont l’intérieur prend l’eau : ce sont eux qui ont un dégât qui s’aggrave d’heure en heure. Chez eux, le premier passage sert à la mise hors d’eau : bâche, tuiles de remplacement posées en urgence là où c’est possible, gouttière remise en place ou déposée si elle menace de tomber. Ce passage se fait sous 24 à 48 heures dans notre zone, dans la journée quand c’est possible.

La réparation définitive vient ensuite, chiffrée à froid, sur devis et avec photos. Une fois la maison à l’abri, il n’y a plus d’urgence, et c’est le moment de vérifier calmement ce que la tempête a réellement abîmé plutôt que de refaire un pan entier sous le coup de la panique. Nous vous remettons les photos prises depuis le toit : vous décidez avec votre assureur.

Comment déclarer le sinistre à l’assurance ?

La garantie tempête est comprise dans la quasi-totalité des contrats habitation. Trois choses à savoir pour que la prise en charge se passe bien.

Le délai. Vous avez 5 jours ouvrés à compter de la tempête pour déclarer le sinistre à votre assureur. Un e-mail ou une déclaration en ligne suffisent le premier jour ; le dossier complet peut suivre. Ne laissez pas passer le délai en attendant d’avoir toutes les pièces.

Les preuves. Des photos datées de chaque dégât, prises depuis le sol et dans les combles, avant toute intervention. Les débris conservés. Le devis détaillé du couvreur, poste par poste, avec ses photos prises depuis la toiture. Si votre contrat exige une intensité de vent minimale ou des dégâts comparables sur les bâtiments voisins, un bulletin de Météo-France ou un article de presse locale sur l’épisode font l’affaire ; votre assureur vous dira ce qu’il attend.

Les mesures conservatoires. Votre contrat vous demande de limiter l’aggravation des dégâts. Le bâchage en fait partie : vous n’avez pas à attendre l’expert pour le faire poser. Gardez la facture, elle est en général prise en charge avec le reste. Ce qui doit attendre l’accord de l’assureur, c’est la réparation définitive si un expert est mandaté.

Un point d’honnêteté : la garantie tempête couvre ce que le vent a cassé, pas ce que le temps avait déjà usé. Une couverture en fin de vie dont le vent a fini d’arracher les tuiles gélives sera souvent considérée comme un défaut d’entretien. Un devis bien détaillé, qui distingue les dégâts de l’épisode et l’état antérieur, évite les mauvaises surprises et se défend mieux devant un expert.

Qu’est-ce que le vent abîme en priorité sur les toitures du secteur ?

Le bâti du nord de la Nièvre a ses points faibles, et ce sont toujours les mêmes qui lâchent.

Les faîtières scellées au mortier. Sur les maisons anciennes, les tuiles de faîtage tiennent par un mortier qui a souvent plusieurs décennies. Fissuré par le gel, il ne retient plus rien : une rafale soulève la faîtière comme un couvercle. C’est le dégât le plus fréquent que nous voyons après un coup de vent, et l’un des plus dangereux au sol.

Les tuiles plates de rive et d’égout. La petite tuile plate bourguignonne est accrochée par un simple tenon sur son liteau. Sur les bords du toit, où le vent s’engouffre, les premières rangées se soulèvent dès qu’une tuile a bougé. Une tuile envolée en entraîne dix.

Les ardoises. Fixées au crochet ou au clou, elles résistent bien tant que les crochets ne sont pas rouillés. Sur une couverture ancienne, le vent trouve toujours les crochets fatigués et fait sauter des ardoises par plaques, souvent sur les versants exposés à l’ouest.

Les souches de cheminée et leurs solins. Une souche en pierre qui a pris un choc, un chapeau envolé, un solin fissuré : l’eau entre ensuite le long du conduit, et l’auréole apparaît des semaines plus tard.

La zinguerie. Gouttières arrachées par une branche, bandes de rive dépliées, noues soulevées. Une gouttière qui pend arrache le bandeau de bois en tombant, et une noue décollée envoie l’eau directement dans la charpente.

Ce qui rend la région particulière, c’est l’absence presque systématique d’écran de sous-toiture sur les bâtiments d’avant 1900. Ailleurs, une tuile manquante donne une petite fuite retenue par l’écran. Ici, elle donne une fuite franche sur l’isolant et les plafonds. C’est la raison pour laquelle nous insistons sur la bâche dans les 24 à 48 heures.

Faut-il se méfier des couvreurs qui frappent à la porte ?

Oui. Les lendemains de tempête sont la période préférée des équipes itinérantes, qui sillonnent les villages touchés et sonnent aux portes : « on fait le toit du voisin, on peut passer chez vous tout de suite ». Le scénario est connu : un prix annoncé oralement, un devis signé sur le pas de la porte, un acompte élevé, quelques tuiles remises à la va-vite, et une entreprise injoignable quand la fuite réapparaît.

Trois réflexes :

  • Ne signez rien le jour même, même sous la pluie. Un bâchage de mise hors d’eau ne demande pas de signer une réfection complète.
  • Exigez un devis écrit avec un SIRET, et vérifiez-le sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr : une entreprise réellement installée dans le département y apparaît avec sa date de création et son adresse.
  • Rappelez vous-même un artisan du secteur, dont vous connaissez l’adresse et que vous pourrez retrouver dans six mois. Un couvreur installé depuis des années n’a pas besoin de vous forcer la main pour remplir son carnet.

Rédigé par Renov’ Habitat 58, artisan couvreur-zingueur à Clamecy depuis 13 ans. Nous intervenons en urgence dans un rayon de 60 km autour de Clamecy, 7j/7 de 8h à 19h, pour bâcher, réparer et remettre en état les toitures après un coup de vent.

Urgence toiture : 06 43 39 07 89.

L'auteur

Renov' Habitat 58

Couvreur-zingueur installé à Clamecy (58500), 13 ans de métier sur les toitures de la Nièvre. SIRET 797 992 435 00033.

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Questions fréquentes

Puis-je monter sur le toit pour vérifier moi-même ?

Non. Après une tempête, la couverture est le pire endroit où se trouver : tuiles décalées qui se dérobent sous le pied, mousse mouillée, ardoises fendues, et souvent encore du vent. Les chutes de toit comptent parmi les accidents domestiques les plus graves. Ce qui se regarde sans danger, c'est le tour de la maison depuis le sol et l'intérieur des combles.

En combien de temps un couvreur peut-il intervenir ?

Nous intervenons sous 24 à 48 heures dans notre zone, et dans la journée quand c'est possible si l'eau entre. Après une tempête, les appels arrivent tous en même temps : nous passons d'abord chez ceux dont l'intérieur prend l'eau, pour une mise hors d'eau, puis nous planifions les réparations définitives.

Faut-il attendre l'expert de l'assurance avant de faire bâcher ?

Non. Les contrats vous demandent au contraire de prendre les mesures conservatoires pour limiter les dégâts. Le bâchage en fait partie. Photographiez avant l'intervention, gardez la facture du bâchage : elle est en général prise en charge avec le reste du sinistre.

Mon assurance couvre-t-elle les tuiles envolées ?

En général oui, par la garantie tempête de votre contrat habitation, à condition de déclarer sous 5 jours ouvrés. La plupart des contrats demandent que le vent ait atteint une certaine intensité ou que des bâtiments voisins aient subi des dégâts comparables : un bulletin météo ou une attestation de Météo-France peut vous être demandé. Ce qui n'est jamais couvert, c'est la couverture déjà en fin de vie que le vent a simplement achevée.

Des couvreurs frappent à la porte après la tempête : que faire ?

Ne signez rien le jour même. Les lendemains de tempête sont la période préférée des équipes itinérantes qui proposent une réparation immédiate contre un acompte élevé. Demandez un devis écrit avec un SIRET, vérifiez-le sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr, et rappelez vous-même un artisan installé dans le département.

Un article ne remplace pas une visite sur le toit.

Le déplacement et le devis sont gratuits, partout dans la zone d'intervention.

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